Chopé aux locaux de l’Association à Paris, en pleine crise existentielle. Je ne crois pas avoir lu quoique ce soit de la maison d’édition « The Hoochie Coochie ». Marcel Ruijters livre une adaptation bien personnelle de "L’enfer" de Dante Alighieri. J'en retiens cette description dans la préface.
L'Enfer de Dante dispose de neuf cercles, à l'intérieur desquels toutes les âmes pécheresses sont punies avec une précision bureaucratique. Parmi ces pécheurs se trouvent un certain nombre d'ennemis politiques de Dante. À cette époque, une « comédie » n'avait pas particulièrement de visée humoristique mais désignait tout simplement une histoire qui finit bien. De sorte, La Divine Comédie est à considérer, entre autres choses, comme une satire politique, et à titre personnel, c'est par ce biais que j'ai réussi à m'approprier l'œuvre.
La préface de l’auteur voit dans La Divine comédie une critique encore actuelle des nouveaux riches, qu'il englobe sous l'étiquette de capitalisme. Il féminise aussi les personnages de l’œuvre: Dante se retrouve être Danta. On la suit progresser dans les cercles de l'enfer. J'ai trouvé cet ouvrage assez difficile à lire. Le texte est en bas des planches et les dessins en haut: j’ai souvent eu du mal à faire la gymnastique de revenir observer les images, que je n’ai généralement pas à faire en lisant une bande dessinée. Car ce n’en est pas complètement une. Les planches s’y approchent parfois, avec quelques cases, mais il y a une absence de phylactère et la volonté de montrer davantage celles-ci sous la forme de panneaux médiévaux. Le style médiéval est d'ailleurs un peu grossier.
Il y a plusieurs choses qui m'ont gênées et des choix que je n'ai pas compris. En particulier le fait que tous les personnages sont féminins. Pourquoi ? Quel est le but ? Montrer qu’il n’y a que des femmes en enfer, quelle idée. Je n'ai donc pas été séduit par cet ouvrage, qui ne m'a ni convaincu par le dessin, ni par son concept vaguement féministe et incompréhensible. Le sous texte par contre permet de suivre l'épopée de Danta en enfer, et me donne malgré tout l'envie de m'intéresser à l’œuvre de Dante.