Petit Rouge

Number 5 - Taiyou Matsumoto

12/05/2026

TAGS: matsumoto, manga, bd

Il faut que le sang rouge arrête de couler sur cette planète bleue. (One)

Le conseil Rainbow est à la tête de l’armée de la paix. Il est constitué de guerriers surentraînés portant tous des numéros. Five est devenu renégat pour d’obscures raisons. Les autres membres du conseil sont à sa recherche.

Matsumoto propose des scènes surréalistes magnifiquement séquencées. Une abstraction qui retranscrit très bien la fragmentation du rêve. Mais le récit l’est aussi, ce qui ne facilite pas la lecture. L’histoire m’est apparue très creuse. Comme un prétexte pour compenser avec des découpages de planche stylisés. À la fin du premier tome je ne voyais toujours pas où Matsumoto voulait en venir. Number Five semble être parti en vendetta, mais pour quelle raison ? Matsumoto a vraiment une patte bien à lui. Un style inimitable. Que l’on voit trop peu dans le manga en général. Où le dessin est assez uniforme avec gros yeux et compagnie. L'auteur se permet des délires visuels: un scarabée dans l’espace, des scènes surréalistes au possible. Mais j'ai trouvé cela très décousu. Et je me suis fait la réflexion que Matsumoto masquait probablement la banalité de l’intrigue avec son imagination graphique.

Cette lecture était donc vraiment pénible. Des armes, flingues et fusils. Que c’est puéril. C'est dommage, car le mangaka propose une profusion de détails dans chaque case, une inventivité visuelle indéniable. Arrivé au troisième tome je n’arrivais toujours pas à déceler le semblant de scénario. Il y a cet onirisme intéressant, cette science fiction qui est peut-être très justement obscure, volontairement de la part du mangaka. Le quatrième tome démarre dans le passé et c’est seulement à partir de ce moment que l’on commence à comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire. L’armée pour la paix doit attirer la sympathie des foules et se fait représenter par des guerriers d’élite, qui s’amusent à s’appeler entre eux à l’aide de numéros. On comprend difficilement que les guerriers sont issus d'une programmation génétique. Les Rainbow Warriors ne sont que des pantins au service d’un scientifique en costume de lapin.

Quelle purge. J’ai vraiment fini en accéléré, malgré le fait que le dessin si particulier de Matsumoto me plaît toujours autant.