Nous tirions orgueil, nous Européens, de ne pas avoir attendu passivement la Libération.
Je n'ai encore jamais rien lu d’Eco. Et je pense qu'il faudra que je rattrape cela, car cela n'est pas la première fois qu'on me le recommande. En rechercher d'une lecture lors d'un séjour dans les Pouilles, je me suis procuré cet exemplaire d'un discours d'Eco fort à propos.
Le terme fascisme s'adapte à tout parce que même si l'on élimine d'un régime fasciste un ou plusieurs aspects, il sera toujours possible de le reconnaître comme fasciste. Enlevez-lui l'impérialisme et vous aurez Franco et Salazar ; enlevez le colonialisme et vous aurez le fascisme balkanique. Ajoutez au fascisme italien un anti-capitalisme radical (qui ne fascina jamais Mussolini) et vous aurez Ezra Pound. Ajoutez le culte de la mythologie celte et le mysticisme du Graal (totalement étranger au fascisme officiel) et vous aurez l'un des gourous fascistes les plus respectes, Julius Evola.
Umberto Eco liste les caractéristiques d’un Ur-fascisme, c’est à dire du fascisme primitif et éternel. Notamment le culte de la tradition, ce qui à pour conséquence une stagnation totale du savoir, et des contradictions assumées. Le refus du modernisme et l'irrationalisme sont d'autres critères importants. La suspicion envers le monde intellectuel et la peur de la différence: l’Ur-fascisme naît généralement de la frustration individuelle ou sociale. Cette frustration peut par exemple se traduire par une obsession pour le complot et un machisme et mépris des faibles.
L'auteur nous rappelle que pour le fascisme "la vie est une guerre permanente". Ce petit livre, première lecture antifasciste recommandable, est essentiel pour ne jamais oublier.