Chopé en dédicace dès sa sortie, j'ai été en particulier intrigué par le dessin: c’est qui ce français qui dessine dans ce style manga à l'ancienne, comme Tezuka ?
Mon cœur s’emballe, mais il semble désintéressé… rien ne le passionne plus que lui-même… je le déteste ! (Claudine)
Claudine souhaite rendre visite à son cousin Alain. Mais ce dernier a bien changé: il est désormais le chef de la bande des Mamelouks, dont l'objectif est de conquérir le monde par la sculpture, notamment en vendant des bustes de Napoléon. Claudine va découvrir dans quel univers patauge son cousin, un gourou masculiniste et xénophobe qui a harangué suffisamment de pigeons pour former une armada, en attente d'un grand soir pour prendre le pouvoir.
Donc c’est pour ça: on s’humilie régulièrement. À coups de bagarres, principalement. (Alain)
Alain ne serait-il pas ainsi nommé à cause d'Alain Soral ? Dans le genre gourou masculiniste qui s'écoute parler, ce clin d’œil est amusant. On voit où veut en venir Delengaigne: il est ici question d'étriller doucement le culte de la personnalité dont bénéficie certains extrémistes, comme Soral. Alain décède après les coup d’état, Claudine est laissé pour mort. Les anciens Mamelouks ont fait fortune, mais la résistance s'organise et un poseur de bombe rode...
Je suis un peu déçu par le contenu au final: à la fois sur le dessin qui me semble parfois pas assez mature, mais aussi sur l'histoire en elle-même, qui pèche un peu. Et c'est dommage, car Delengaigne a un vrai sujet devant lui. On sent que l'auteur avait l'envie de dénoncer le magnétisme de ces extrémistes comme Soral, mais je crois qu'il ne s'est pas donné suffisamment les moyens techniques d'y parvenir. Il y avait soit trop peu de pages à consacrer au sujet, soit le contenu n'était pas assez condensé. J'hésite là, parce que j'en attendais peut-être trop. Mais je n'ai pas été suffisamment séduit par le dessin, ni par le scénario. Pour un premier ouvrage c'est pourtant prometteur: la fin mystérieuse reste suffisamment ouverte pour donner de l'espoir au lecteur. Et il y a un enthousiasme chez l'auteur qui donne pourtant envie de lire une suite, ou n'importe quel autre ouvrage pour le coup.