Petit Rouge

Vingt-cinq dessins d'un dormeur - Jean Cocteau

19/01/2026

TAGS: cocteau, art, illustration

J’avais déjà vu quelques une des images de ce recueil. J’ai craqué pour ce bel objet édité chez Fata Morgana, qui contient les portraits de Jean de List (de son vrai nom Jean Desbordes) exécutés par Cocteau. Il y a dans ce trait fulgurant quelque chose qui m’inspire au quotidien de ma pratique personnelle du dessin. L’économie du trait, un minimalisme avec ce style si remarquable.

Évidemment il y a une certain érotisme dans ces illustrations. Je n’admire pas Cocteau pour cela, malgré le fait que son homosexualité me semble moins honteuse que certains de ses contemporains qui ont plutôt lorgné vers la pédophilie, ou tout au moins vers la pédérastie. Comme André Gide par exemple. Je trouve même courageux d’avoir pu mettre en avant une certaine sensibilité, une admiration sans borne envers la beauté masculine. Il y a d’ailleurs, très souvent et c’est le cas de ces dessins, une certaine pudeur dans la représentation de ce dormeur, aux airs insouciants. Voler ces quelques représentations du corps, de postures, frise la poésie.

Certaines illustrations sont inégales. Mais l’esthétique, bien présente, claque à la figure du spectateur. J’admire la capacité de Cocteau à suggérer l’insouciance avec si peu de traits. C’est facile d’apprécier Cocteau. C’est immédiat, c’est parlant, poétique. Je ne qualifie pourtant pas Cocteau d’artiste accompli. Pour autant, je sais à quel point la naïveté, la simplicité du trait est un leurre. Sans détails superflu, son trait minimaliste réussit à capter l’essentiel et n’est que faussement facile à reproduire.

La notice rapporte la rencontre du maître et de son sujet. Je n’ai rien appris sur la technique de l’artiste pluridisciplinaire. Je garde cet ouvrage par pur fétichisme, malgré son caractère un peu anecdotique. L’impression, le tirage n’est pas complété. Je n’ai pas osé déchirer les feuillets pour contempler facilement ces œuvres.